UNE SALLE DANS LA COUR OU COMMENT REAGIT-ON FACE A UN EVENEMENT EXTRAORDINAIRE ?

 

I/ Protocole initial

                A/ Mise en place de l’événement

Tout d’abord le projet a consisté à installer/aménager une salle

de bain en plein air dans un espace non dédié à cette fonction

(cour principale du lycée st Joseph Pierre Rouge).

Pour ce faire nous avons eu besoin de ramener :

  • un bac de douche,
  • une vasque,un WC (toilettes),
  • une plante en pot,
  • moult petits détails ou accessoires (peignoir, les journaux et magazines, serviette de toilette, shampoing/gel douche), pantoufles, dérouleur de papier toilette, etc. 

               

                B/ Date et « timing »

  • le dispositif s’est tenu le lundi 24 avril 2017 durant toute la matinée
  • il a été installé dès 7h du matin afin que personne ne puisse observer la mise en place.
  • Seules la direction et la vie scolaire étaient informées du dispositif afin d’en garantir la faisabilité.

 

                C/ Organisation de l’observation :

Notre expérience sociologique a visé toutes les personnes évoluant dans l’établissement à savoir :
Les collégiens,
Les lycéens,
Les professeurs,
Les membres du personnel administratif
Les surveillants…

-> L’équipe d’observateurs était composée de 16 observateurs répartis comme suit :

  • 3 personnes ont observé les collégiens,
  • 5 personnes ont observé les lycéens,
  • 1 personne a observé le personnel,
  • 4 personnes pour les réseaux sociaux,
  • 2 personnes ont observé le coin-fumeurs
  • 1 personne a observé les surveillants.

 

II/ Analyse  générale des comportements :

                A/ Remarques générales :

L’expérience s’est révélée concluante, car on a pu observer les différentes réactions face à « l’extraordinaire »...

  • Nous avons noté que les gens ont impérativement besoin de mettre un sens à l’inexpliqué
  • Nous avons remarqué que les TOUTES les personnes ont été respectueuses de la mise en scène et n’ont pas dégradé ou bien déplacé des objets de la scène.
  • Nous avons même observé que des lycéens entretenaient en quelque sorte le dispositif, en remettent en place  les objets de la scène déplacés à cause du vent.
  • Nous avons remarqué que les interrogations n’étaient les mêmes selon les catégories de personnes évoluant dans l’établissement.
  • Nous avons constaté une échelle graduelle des réactions lors du premier contact avec la mise en scène :
    • la stupéfaction
    • la curiosité
    • le questionnement de groupe
    • le rire
  • 1/3 des personnes parmi les lycéens (les seuls pouvant s’approcher) sont même allés jusqu’à se projeter dans la scène en essayent le peignoir, les chaussons présents dans la scène voire en s’asseyant sur le WC.

 

 

                B/ 1ères constatations : 

  • Notre société semble ne pas très bien gérer  l’inhabituel,
  • la rupture de la routine déstabilise énormément.
  • Toutefois, la notion d’inhabituel disparait très vite puisqu’en fin de matinée, plus personne ne semblait s’interroger  sur le dispositif, voire ne le remarquait plus.

III/ Analyse par groupes de personnes :

                A/ Les collégiens

  • Nous avons ainsi remarqué que seulement deux élèves sur la totalité du groupe collège ont bravé l’interdit par l’utilisation du téléphone portable.
  • Les élèves ont cherché par tous les moyens possibles à obtenir une réponse auprès des surveillants et de la vie scolaire.
  • Après la phase du questionnement, les élèves ont voulu vérifier par eux-mêmes si cela était vraiment réel : Lors de leur passage à la cantine, certains, en fin de rang, ont pris l’initiative (hors de la vue des surveillants) de s’arrêter au plus près de la scène pour la toucher.
  • Tous comme les lycéens, l’unique question était POURQUOI ?

 

                B/ Les lycéens

  • Nous avons observé les personnes dès 8h20 et jusqu'à 16h30.
  • Jamais personne n’a cherché à dégrader ou casser.
  • Nous avons remarqué majoritairement de la stupéfaction sur tous les visages ainsi que des questionnements du type « Pourquoi ? »
  • Toute la journée nous avons pu constater que les lycéens ont interagi avec la mise en scène et beaucoup de photos ont été prises.
  • On a constaté une différence de réactions entre les 2nde et les plus grands :
    • en 2nde :
      • Stupéfaction,
      • Recherche d’un regard connivant pour adapter sa réaction au groupe
      • Approche mais en groupe uniquement
      • Rires mais uniquement si un membre du groupe le fait en premier
    • en 1è/Tale :
      • Rires de manière générale
      • Appropriation du dispositif, on touche, on entre « dedans », on se fait photographier assis dans la mise en scène
  • A la différence des collégiens, les lycéens ont eu besoin d’élaborer des hypothèses faute d’obtenir des réponses de la vie scolaire :
    • Une plaisanterie
    • un bizutage
    • une exposition artistique
    • une expérience théâtrale
  • Tout comme pour les collégiens, l’après-midi, plus personne n’y faisait attention. L’extraordinaire (au sens de l’inattendu) est donc bien un concept très EPHEMERE.

 

                C/ Les enseignants :

Cette observation a été réalisée par la professeure à l’origine du projet puisque les étudiants ne peuvent avoir accès à la salle des personnels.

 

-          Il y a eu deux questions qui revenaient souvent : « Pourquoi il y a une salle de bain dans la cour ? » et « Qui est à l’origine de ça ? ».

-          Ensuite elle a pu relever des « accusations » grâce à des raisonnements logiques :

1/ salle de bain è hygiène è ASSP è Professeure responsable.

2/ salle de bain è décor de théâtre è Professeure option théâtre.

Cela a provoqué un sur-questionnement de ces professeures identifiées comme capables de monter un tel projet.

-          Les surveillants, CPE ainsi que l’accueil ont été inondés de questions sans avoir les moyens d’y répondre.

-          Elle a relevé aussi 3 types de comportement des professeurs envers « la salle de bain » :

o   Certains ne l’ont pas vue.

o   D’autres l’ont vue mais ont décidé de l’ignorer.

o   Et enfin une 3ème catégorie a joué la carte de l’humour.

 

-          Beaucoup ont cherché à trouver la ou les personnes responsables, sans avoir jamais douté qu’un professeur ait été impliqué.

-          Les commentaires relevés sont à moitié positifs et négatifs :

Positif

Négatif

-          « C’est drôle. »

-          « C’est décalé. »

-          « Il n’y a qu’à Pierre Rouge qu’on peut voir ça ! »

-          « C’est original »

-          « C’est une perte de temps. »

-          « Ça ne va pas aider à la réputation du lycée. »

-           « Ça va déconcentrer les élèves. »

-           « Ça va être cassé ou volé. »

 

 

-Globalement donc les enseignants étaient davantage perturbés par le « QUI a fait cela ?» plutôt que par le « POURQUOI ? »

 

                D/ Les réseaux sociaux et coin fumeur

Le projet a été rapidement retransmis sur le groupe facebook du lycée.
A partir de là, plusieurs partages ont eu lieu, ce qui a permis la diffusion en dehors du lycée.

De nombreux lycéens inscrits dans d’autres établissements ont reçu la photo.
Sur l’application « Snapchat », des « snap » ont été partagés avec des propos du type :

  • c’est bien pratique des chiottes en plein milieu du lycée !!!!»
  • un autre montre que la personne qui a pris cette photo se pose des questions sur la présence d’une salle de bain en plein milieu de la cours de récréation.

Les modérateurs de la page facebook  se sont demandés : « Est-ce que nous devons poster cette photo ? » Après réflexion ils ont considéré que cela permettrait de trouver la réponse à ce fameux « pourquoi ».

Dans Le coin fumeur qui est un lieu cloisonné dans le campus Saint Joseph Pierre Rouge, nous avons constaté que les élèves s’y trouvant ne s’intéressent pas et ne sont pas affectés par ce projet : nous supposons que c’est à cause de l’atmosphère qui y est différente par rapport au campus, on y oublie la présence des cours du lycée.

 

Présentation schématisée de l’événement

Les 402 se sont rendus au théâtre Jean Vilar afin d'assister à une représentation - adaptation du roman de Victor Hugo, Les Misérables . L'enjeu était de taille et double: comment représenter un roman aussi dense  au théâtre et comment le représenter avec des objets ? Toutes les hypothèses avaient été échafaudées: des ombres ? de la video? des pantins ? des objets mais quels objets ? Certains avaient choisi des objets symboliques: le seau de Cosette, le chapeau de Javert...

Tout le monde avait raison et tort en même temps car il y eut un peu de tout cela en définitive . Deux comédiennes avaient choisi de mettre en scène les passages les plus emblématiques de l'œuvre et de créer tout un univers plastique construit avec bouts de ficelle et beaucoup d'imagination !Une table pivotante, de petites valises multi-fonctions, des poupées ..

Les élèves ont été très impressionnés par la précision de la mise en scène, des gestes millimétrés et du savoir-faire des comédiennes avec lesquelles ils ont pu converser en bord de plateau . Ils ont aussi trouvé que les comédiennes avaient adopté une lecture personnelle de la pièce , en insistant beaucoup sur sa dimension politique . Bien vu !

Ce fut une belle après-midi de découverte et de prolongement artistique de ce que nous avions travaillé en classe .

France Landais, professeur de Français  de 402.

 

 

 

Les 2 classes de cinquième sont parties faire le tour d'Italie de Rome à Florence en faisant une halte à Naples.

Premier jour : Rome Antique.

La semaine dernière, des élèves de 6ème & 5ème ont eux aussi voté… mais pas pour la Présidentielle, mais pour élire leur livre préféré de la sélection du Prix Chronos 2017. Les pères missionnaires présents et participants eux aussi ont donné leur avis. Comme les années précédentes, leur coup de cœur correspondait à celui des élèves.

A l’issue du scrutin est arrivé en tête :

               « Le Goût Sucré de la peur » d’Alexandre Chardin

 

 Roman à base de mystère, d'aventure, de relation intergénérationnelle et d'amitié !

Cerise sur le gâteau, les élèves de 6ème gagnants du Concours « Donne moi 10 mots » ont présenté leur spectacle sur le thème de l’Afrique aux pères missionnaires des missions africaines.

 

Un bon goûter attendait tous les participants pour clore cette belle rencontre.